Un plan de mise fixe la taille de chaque mise, jamais le choix de parier. La mise fixe garde le même montant. Le pourcentage de bankroll et le Kelly fractionné (voir critère de Kelly) suivent le capital du moment. Les progressions négatives (martingale, d'Alembert) font grimper l'exposition après une perte, sans toucher à l'espérance du pari suivant. Exemple : sur une bankroll de 1 000 €, une mise fixe à 1 % fait 10 € à chaque pari, après des gains comme après des pertes. C'est ce qui la rend prévisible.
Ce qu'un plan de mise décide, et ce qu'il laisse de côté
Un plan de mise règle la taille de ta mise à chaque pari. Il ne dit jamais s'il faut parier, ni sur quelle issue. Il ne crée aucune espérance positive et ne corrige aucune estimation fausse. Il change seulement la façon dont ton capital encaisse une série de résultats, bonne ou mauvaise.
Toute la page repose là-dessus. Chaque méthode est jugée sur son effet sur le risque de ruine et le drawdown, jamais sur un rendement qu'aucune ne peut garantir.
Un plan de mise ne rend rentable aucune méthode qui ne l'était pas déjà. Il répartit l'exposition dans le temps et laisse intacte l'espérance du pari suivant.
Mise fixe : le choix par défaut
La mise fixe garde la même valeur à chaque pari, quel que soit le solde de ta bankroll. Sur 1 000 €, une mise fixe à 1 % fait 10 € à chaque décision, avant une série de gains comme avant une série de pertes.
Elle est simple, donc facile à suivre (voir suivre ses paris). Sa limite va avec : elle ne réduit pas l'exposition toute seule après une série de pertes. Si ta bankroll baisse durablement, c'est à toi de baisser la mise.
Pourcentage fixe de bankroll
Le pourcentage fixe recalcule ta mise à chaque pari sur le solde actuel de ta bankroll. Une mise à 1 % vaut 10 € sur 1 000 €, puis 9,50 € si tu tombes à 950 €. Elle baisse après une perte et monte après un gain.
Une mauvaise série met donc plus de temps à vider ton capital qu'avec une mise fixe, qui ne bouge pas. Contrepartie : le montant change d'un pari à l'autre, et c'est moins simple à suivre.
Kelly et Kelly fractionné
Le critère de Kelly pousse l'idée du pourcentage de bankroll plus loin. La fraction n'est plus choisie au hasard : elle découle d'une cote et d'une valeur théorique estimée.
La formule, sa sensibilité à l'erreur d'estimation et le cas f* ≤ 0 →
Reste un défaut de taille : la formule ne juge pas la probabilité qu'on lui donne. Si ton estimation est trop optimiste, la mise l'est aussi. C'est pour ça que seule la version fractionnée (la moitié ou le quart de la fraction calculée) sert vraiment. Elle amortit une estimation trop confiante.
Progressions négatives : martingale et d'Alembert
Une progression négative augmente la mise après une perte, pour la récupérer au gain suivant. La martingale double la mise après chaque perte. D'Alembert l'augmente d'un cran fixe. Dans les deux cas, seule l'exposition change. L'espérance du pari suivant reste ce qu'elle aurait été sans progression.
« La martingale finit toujours par gagner. »
Une martingale récupère bien une perte au gain suivant, tant que ta bankroll et les plafonds de mise du bookmaker suivent. Le souci n'est pas la récupération. Sur une série perdante, l'exposition grimpe de façon exponentielle et dépasse ta bankroll ou le plafond bien avant le gain. Le risque de ruine détaille ce que produit une exposition qui grossit comme ça.
La page sur les tipsters montre la même chose. Une martingale présentée comme imbattable double l'exposition sans jamais changer l'avantage réel d'un pari.
Progressions positives : le paroli
Le paroli prend le contre-pied de la martingale : la mise monte après un gain, jamais après une perte. L'exposition en plus vient du profit déjà encaissé, pas d'un capital supplémentaire. Sur une série perdante, chaque mise reste égale à ta mise de départ.
Il suit quand même la règle de tous les plans : aucune espérance positive. Il change seulement la vitesse à laquelle un profit se construit, ou disparaît, sur une série de gains.
Un même capital, cinq façons de l'exposer
Prends 1 000 € et trois pertes d'affilée : les cinq plans n'entament pas le capital de la même façon.
- La mise fixe à 1 % (10 €) retire 30 € en trois pertes. Il reste 970 €.
- Le pourcentage à 1 % recalcule la troisième mise sur 980 € et tombe à 9,80 €. L'écart avec la mise fixe reste mince sur une courte série, mais il s'accumule sur une plus longue.
- Le Kelly fractionné dépend de l'avantage estimé à chaque pari. La mise peut monter ou baisser sans lien avec le seul solde.
- La martingale à partir de 10 € enchaîne 10 €, 20 € puis 40 €. Ça fait 70 € engagés en tout, sept fois la mise de départ.
- D'Alembert à partir de 10 € enchaîne 10 €, 20 €, 30 €. La croissance est linéaire, pas exponentielle, mais sans lien avec l'espérance du pari suivant.
- Le paroli à partir de 10 € reste à 10 € tant qu'aucun gain n'est enregistré. Sur une série perdante, l'exposition ne dépasse jamais la mise de départ.
En alignant ces lignes, on voit que la mise fixe et le pourcentage finissent à quelques centimes l'un de l'autre, alors que la martingale en est déjà à 40 € sur sa troisième mise. La différence ne se voit pas sur un pari isolé. Elle se voit dans la vitesse à laquelle chaque méthode expose le même capital à la même série défavorable. Je range la martingale à part pour cette raison : 70 € engagés dès la troisième perte, c'est sept fois la mise de départ.
Comparer les plans
| Plan de mise | Effet sur l'exposition | Effet sur le risque de ruine |
|---|---|---|
| Mise fixe | Constante, indépendante du solde | Prévisible ; ne s'ajuste pas seule après une perte |
| Pourcentage de bankroll | Baisse après une perte, monte après un gain | Ralentit l'épuisement du capital |
| Kelly fractionné | Dérivée d'un avantage estimé, réduite volontairement | Dépend entièrement de la qualité de l'estimation |
| Martingale / d'Alembert | Monte après une perte, parfois de façon exponentielle | Élevé : l'exposition peut dépasser la bankroll ou le plafond de mise |
| Paroli | Monte après un gain, à partir du profit encaissé | Limité à la mise de départ sur une série perdante |
Ce qu'aucun plan de mise ne peut faire
Aucun de ces plans ne corrige une estimation fausse ni ne transforme une espérance négative en espérance positive. Ils organisent l'exposition dans le temps, rien de plus. La page sur la gestion du risque trace la ligne entre ce que tu contrôles et ce que tu ne contrôles pas.
Jeu responsable : aucun plan de mise ne garantit un résultat. Les paris sportifs comportent un risque de perte financière et présentent, selon l'Autorité nationale des jeux, le risque de jeu problématique le plus important au plan individuel parmi les activités régulées. Fixe-toi un budget, ne cherche pas à récupérer tes pertes et utilise les outils de limitation ou d'auto-exclusion disponibles. Besoin d'en parler ? Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, 7 jours sur 7. En savoir plus sur le jeu responsable.
Passer à la pratique
Appliquez ce guide sur des cotes réelles.
Voir une lecture de marché
Un vrai match avec ses cotes, ses mouvements et son signal 0-100.
Ouvrir la démoCalculateur de marge
Mesurez la marge d'un bookmaker sur n'importe quel marché.
Calculer la margeCreuser le marché
Les mouvements de cotes ne sont qu'une partie de l'histoire. Voici les prochains sujets à lire.
Rentabilité et risque : le guide complet
Le panorama : profit, ROI, espérance, variance, échantillon, drawdown et risque.
Lire le guideCritère de Kelly : ce que la formule dimensionne
La formule, sa sensibilité à l'erreur d'estimation et le cas f* ≤ 0.
Comprendre le critère de KellyBankroll aux paris sportifs
Le capital sur lequel s'applique n'importe quel plan de mise.
Comprendre la bankrollRisque de ruine : épuiser une bankroll
Ce que change un plan de mise, vu par son côté sombre.
Comprendre le risque de ruineDrawdown : mesurer les baisses d'une bankroll
L'autre mesure pour juger un plan de mise.
Comprendre le drawdownSuivre ses paris
Les données à noter pour vérifier ce que ton plan de mise a produit.
Voir les données à noterQuel budget consacrer aux paris sportifs ?
Ce que tu peux te permettre de perdre, avant même de parler de méthode.
Définir un budgetQuestions fréquentes
Qu'est-ce qu'un plan de mise ?
C'est la règle qui fixe la taille de ta mise à chaque pari : un montant fixe, une part de ta bankroll, ou une progression liée aux résultats précédents. Elle ne te dit jamais s'il faut parier, ni sur quelle issue.
Quel plan de mise choisir par défaut ?
La mise fixe. Le montant ne bouge pas, quel que soit le solde de ta bankroll, donc il est facile à suivre. Revers de la médaille, elle ne s'ajuste pas toute seule après une série de pertes.
Le pourcentage de bankroll est-il plus sûr que la mise fixe ?
Il ralentit l'épuisement du capital, parce que la mise baisse avec le solde après une perte. En échange, le montant change d'un pari à l'autre, ce qui est moins simple à suivre qu'une mise fixe.
Pourquoi la martingale est-elle déconseillée ?
Elle fait grimper l'exposition de façon exponentielle après chaque perte, sans changer l'espérance du pari suivant. Tu atteins la limite de ta bankroll ou le plafond de mise du bookmaker bien avant le gain censé tout rattraper.
Le critère de Kelly est-il un plan de mise comme les autres ?
C'est un pourcentage de bankroll calculé à partir d'une cote et d'une probabilité estimée, au lieu d'être choisi au feeling. Il est donc très sensible à la qualité de cette probabilité. Tout est détaillé sur sa page dédiée.
Qu'est-ce qu'une progression positive comme le paroli ?
La mise augmente après un gain, jamais après une perte. L'exposition en plus vient d'un profit déjà encaissé, pas de ton capital. Sur une série perdante, chaque mise reste égale à ta mise de départ.
Un plan de mise peut-il rendre une stratégie rentable ?
Non. Aucun plan ne crée d'espérance positive et aucun ne corrige une estimation fausse. Chacun organise seulement l'exposition dans le temps, comme le rappelle la page sur la gestion du risque.
Sources et méthodologie
Cette page compare les plans de mise courants à partir de l'article de Kelly sur la taille optimale d'une mise répétée, des travaux de Thorp sur les jeux favorables et de la méthode d'analyse des cotes d'OddScore. L'ANJ et Joueurs Info Service complètent côté régulation et aide aux joueurs.
- Chaque plan est jugé sur son effet sur le risque de ruine et le drawdown, jamais sur un rendement qu'aucun ne peut promettre.
- Les progressions négatives (martingale, d'Alembert) sont démontées une à une : elles changent l'exposition, jamais l'espérance du pari suivant.
- Le détail du critère de Kelly reste sur sa page dédiée, pour ne pas dupliquer la formule ici.
- Chaque plan est illustré sur la même bankroll et la même mise, pour que la comparaison reste lisible.